La Vienne Rurale 08 mai 2020 à 14h00 | Par Elisabeth HERSAND et Guillaume de WERBIER

Les pros organisent leur déconfinement

Se faire couper les cheveux ou changer ses lunettes, ça va enfin être possible. Mais pas sans mesure de précaution. Exemple de deux professionnelles de la Vienne, en plein préparatifs.

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- © Elisabeth Hersand

Il nous tarde tous de passer sous les ciseaux et le peigne de notre coiffeuse ou coiffeur préféré. Mais comment va se dérouler ce rendez-vous à compter du 11 mai ? Pour accueillir ses clients, Claudie Coirault-Morgeau, coiffeuse à Naintré, a revu entièrement ses pratiques professionnelles. Ici, au moment de franchir la porte du salon (que la coiffeuse se chargera d’ouvrir elle-même), il faudra s’équiper d’un masque, passer ses mains au gel hydroalcoolique, et mettre soi-même son manteau au vestiaire. « Je mettrai le peignoir au client, mais c’est lui qui l’enlèvera, puis le mettra dans une panière. Je suis contre les peignoirs et les serviettes jetables », insiste la coiffeuse, très à cheval sur le respect de l’environnement, et labellisée « Mon coiffeur s’engage ». Une séparation en mélaminé blanc sera installée entre les deux bacs à shampoing. « J’ai acheté un stérilisateur exprès pour encore mieux nettoyer mes peignes, ciseaux et têtes de tondeuses. » La coiffeuse portera un masque, et vient aussi d’acheter une visière. « Je porterai aussi des gants le plus souvent possible. » Plus de magazines à lire dans le salon, paiement en sans-contact de préférence, espacement des rendez-vous… Les mesures d’hygiène prises par Claudie sont nombreuses.
La coiffeuse reconnaît qu’elle va pouvoir bénéficier de quelques aides financières, avant d’ajouter que « le chiffre d’affaires se comptera sur
10 mois, et aucune de mes charges n’a été supprimée ! Je m’estime heureuse de ne pas avoir de loyer à payer pour le salon, et de ne pas avoir de crédit en cours. Je ne m’en sors pas si mal ». Les jours qui viennent vont lui permettre de rapporter à nouveau un peu de trésorerie, puisque pour la semaine prochaine, son cahier de rendez-vous est rempli.

L’opticienne navigue à vue

Même si elle est habituellement fermée le lundi, la boutique optique Vision Plus de Saint-Julien-l’Ars sera ouverte dès le 11 mai. Mais sur RDV et avec des mesures de distanciation et de nettoyage.

Dans sa boutique de Saint-Julien-l’Ars, l’heure est à la mise en cartons et au nettoyage. Opticienne Vision Plus, Alexandra Lafrogne a passé la semaine à préparer la réouverture de sa boutique, dès lundi. « J’étais effectivement fermée, mais je gardais le contact avec mes clients par téléphone, pour permettre les réparations de lunettes sur rendez-vous, ou la prise de commandes, par exemple des lentilles ». Et le principe du rendez-vous va d’ailleurs perdurer. « Ma boutique sera à nouveau ouverte, mais il faudra me contacter avant pour organiser sa venue ». Une prise de rendez-vous par téléphone, ou via le site internet, qui lui permettra notamment de demander l’ordonnance, la carte Vitale et de mutuelle, pour qu’elle prépare le dossier. « Cela me permettra de communiquer au client à son arrivée le montant dont il sera remboursé ». À son arrivée, justement, le client devra porter un masque, et sera accueilli dans une boutique un peu plus nue que d’habitude. Pots de bonbons, coin café, jeux pour les enfants et autres objets non indispensables auront en effet été retirés. Pour les lunettes, plus question non plus de toutes les essayer, et un marquage au sol interdira aux clients de les saisir eux-mêmes. Chaque paire de lunettes portée par un client passera 5 minutes dans le bac à ultrasons, afin qu’elle soit propre pour le rendez-vous suivant. « Je compte au moins
15 minutes de nettoyage entre chaque client. Je vais peut-être revoir l’amplitude horaire d’ouverture, pour permettre d’accueillir le plus de clients » explique Alexandra Lafrogne, qui suit les recommandations faîtes par Vision Plus. « Nous avons eu une réunion jeudi dernier, durant laquelle on nous a donné beaucoup de conseils et les éléments à ne pas négliger ». Dans la boutique, les clients seront accueillis par elle-même, ou sa salariée, mais jamais les deux en même temps. « Nous ne viendrons pas travailler ensemble, et ma salariée va dans un premier temps rester en chômage partiel, à 20h par semaine. Chacune d’entre nous aura également son propre combiné de téléphone.» Les deux femmes porteront elles mêmes des masques visières et des gants. «Pour les jours à venir, je dirai que nous allons naviguer à vue ». Un peu normal pour une opticienne... qui ajoute qu’elle adaptera son fonctionnement au fur et à mesure.


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